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Une philosophie enracinée dans l’expérience du quotidien

Ce que nous sommes maintenant, nous l'avons construit au fil du temps, comme nous le pouvions, dans notre corps à corps permanent avec l'existence, parfois fluide, parfois beaucoup plus rude. Nous sommes originaux, différents des autres humains et notre histoire a laissé des traces en nous. Nous sommes aussi porteurs de germes qui ne demandent qu’à croître, de toutes sortes de potentialités qui pourraient émerger si nous le voulons et si l'environnement le permet. La conscience de notre écologie relationnelle ouvre alors le champ de nos possibilités.

 

Nous pouvons être attentifs non seulement à notre environnement extérieur mais aussi à notre "oïkos" intérieur. "Oïkos" (d’où vient ''écologie'') désigne chez les Grecs anciens l'espace dans lequel l'humain cultive sa terre qui le nourrit, où il se régénère dans la tranquillité et avec les autres. À l’intérieur de nous, sommes-nous en contact avec cet espace non pas tourné vers l'action d'éclat guerrière qui génère la gloire et la légende, mais vers la perpétuation et surtout la régénération de notre élan de vie ?

 

En étant sensible à notre écologie relationnelle dans les situations de la vie quotidienne, nous pourrions tranquillement descendre dans la salle des machines de notre relation et agir en conséquence. Nous pourrions explorer comment c'est, pour nous, quand nous nous trouvons en dehors de ce que nous connaissons déjà et qui ne nous convient pas, en dehors de nos habitudes de pensée et d'action. Nous pourrions inventer notre propre façon d'affronter des situations difficiles en les traversant et donner le sens qui nous semble juste à ce que nous faisons.

 

La conscience de notre écologie relationnelle est un chemin de transformation

 

La conscience de notre écologie relationnelle nous amène à prendre soin de l'outil d'existence et de travail que nous sommes nous-même. La conscience de notre écologie relationnelle nous aide à penser autrement qu'en termes de rapports de forces trop simplificateurs. Nous prenons en compte la complexité des situations que nous vivons et faisons le choix de lâcher certains héritages issus du passé qui n'ont plus de raison d'être au présent.

En même temps, nous stimulons notre créativité dans nos rôles sociaux et personnels. Nous favorisons aussi un mieux-être ainsi qu'une économie plus durable et plus respectueuse d'éthique. Nous devenons moteurs d'un renouvellement global. Nous retrouvons de la spontanéité et de la  plénitude dans le mouvement de vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

La conscience de notre écologie relationnelle s’appuie sur la conscience de ce qui se passe à l’intérieur de nous-même, à ‘’l’intérieur de la peau’’. Des pratiques s'apparentant au Qi Gong (mouvements lents effectués en conscience) nous engagent sur un chemin de retrouvailles avec nos espaces intérieurs. Elle s’appuie aussi sur des pratiques de narration en première personne qui explorent notre manière d’organiser les informations, c’est à dire notre expression de l’expérience des situations. Je suis gestalt-thérapeute et nous avons souvent à clarifier ce qui se passe pour nous quand l’émotion nous entraîne. C’est une manière d’être accompagné dans l’exploration ce qui se passe quand nous nous trouvons en dehors de ce que nous connaissons déjà et qui ne nous convient parfois plus. En clarifiant notre façon d'agir et d'être, en donnant du sens à nos besoins, à nos envies et nos intentions, en laissant émerger nos ressources profondes, nous stimulons notre créativité, participant ainsi à notre mesure et à différentes échelles au renouvellement de nous-même et de la société.

Et comme je crois aussi profondément que le défi d' "oser penser" cher aux philosophes est plus que jamais d'actualité, je me considère comme chercheur indépendant dans la réflexion sur mes pratiques. Actuellement, toujours dans des recherches dans le style de l'ethnographie j'essaie de partager ma réflexion de gestalt-thérapeute dans des recherches-actions plus ou moins formelles.