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Notre maison intérieure, notre « oïkos », s’est construite au fil du temps, et le dialogue permanent entre nos espaces internes et nos environnements a sans doute laissé quelques traces. La mémoire en est une. Nous sommes aussi porteurs de potentialités encore en germe qui pourraient prospérer pour peu que l’écosystème intérieur et extérieur soit accueillant et offre des conditions favorables. Vers quoi tournons-nous notre attention en situation ordinaire ?

L’évolution s'amorce souvent avec de tout-petits riens qui transforment peu à peu la qualité de notre vécu. Le neurobiologiste Francisco Varela (1946 – 2001) affirmait déjà il y a plus de vingt ans dans '' L’inscription corporelle de l’esprit'' (1993) que l’expérience vécue peut être examinée de manière méthodique et que l’aptitude à procéder à cet examen peut être considérablement affinée avec le temps. Il constatait d’ailleurs aussi que toutes les traditions culturelles avaient développé de telles pratiques. Toutes insistent sur le rôle essentiel de l’attention. C'est une clé dans la démarche de l'écologie relationnelle.

Notre attention primaire, corporelle, nous place en effet en prise directe avec ce qui nous entoure par l’intermédiaire des sens. Elle s'aiguise et elle s'apaise dans le sommeil. Mais de temps en temps, nos anesthésies  et nos oublis de la vie nous empêchent de maintenir vivante cette attention comme ils nous empêchent d être au clair avec nos orientations. Tout devient bien plus difficile. Dans les accompagnements en gestalt-thérapie tel que je les propose, nous nous penchons ainsi d'abord dessus pour repérer comment les situations sont affrontées et trouver un chemin alternatif complètement respectueux  de l'oïkos, du terreau existant. Le sens que nous donnons à ce que nous faisons s'enracine dans cette attention primaire, germe vivant de notre tranquillité créative. Avec un peu de patience, et pas mal de réajustements et d'entraînement, notre attention qui s'épanouit peu à peu nous permet d'agir plus consciemment sur notre propre dynamique de vivant humain.

Notre attention est un outil à disposition, en permanence. Vers quoi l'orientons-nous ?

Avec du temps et du soin, être attentif à notre écologie relationnelle est ainsi un moyen  pour agir à la fois sur notre oïkos, le terreau de notre existence, comme sur les dynamiques qui en émergent. Nous construisons alors cette confiance lucide dans nos propres capacités que Albert Bandura nomme ‘’sentiment d’auto-efficacité’’ (2003) et nous pouvons l'affiner, l'enrichir, la développer, compte tenu du sens que nous donnons à ce qui se passe.